Ophtalmologie et vision
Publié le
10 juillet 2026

Domínguez-Morras C. et al. - Interventions non optiques de contrôle de la myopie chez l'enfant : revue systématique et méta-analyse

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Cette méta-analyse rapporte que la lumière rouge de faible intensité répétée est associée à un ralentissement de l’allongement de l’œil chez l’enfant myope, avec une réduction de 0,26 mm de la longueur axiale. La supplémentation nutritionnelle n’atteint pas la significativité statistique.

Ce que cette étude a mesuré

Les auteurs évaluent deux approches non pharmacologiques et non optiques du contrôle de la myopie chez l’enfant : la lumière rouge de faible intensité répétée, délivrée par un dispositif ophtalmologique dédié, et la supplémentation nutritionnelle. La myopie pourrait concerner la moitié de la population mondiale en 2050.

La revue suit les recommandations PRISMA et est enregistrée dans PROSPERO sous le numéro CRD420261301596. Seuls des essais randomisés menés chez des enfants et adolescents de 0 à 18 ans ont été retenus. Les critères principaux étaient la longueur axiale et l’équivalent sphérique, le risque de biais étant évalué par RoB 2. Au total, 18 articles réunissant 2 438 participants ont été inclus.

Les résultats principaux

Les deux interventions ne se situent pas au même niveau de preuve.

  • Longueur axiale sous lumière rouge de faible intensité : différence moyenne de -0,26 mm (IC 95 % -0,34 à -0,18).
  • Progression réfractive : différence moyenne de +0,60 dioptrie (IC 95 % 0,42 à 0,78), interprétée comme un effet protecteur.
  • Hétérogénéité très élevée sur ces résultats : I² supérieur à 97 %.
  • Supplémentation nutritionnelle sur la longueur axiale : -0,22 mm (IC 95 % -0,44 à 0,00), effet modeste et non significatif.
  • Périmètre : 18 articles, 2 438 participants de 0 à 18 ans, PROSPERO CRD420261301596.

Les auteurs signalent des éléments rassurants sur la sécurité à long terme, sous réserve du respect des protocoles recommandés.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Le mécanisme reste hypothétique et n’est pas démontré ici. L’explication avancée fait intervenir l’absorption de la lumière rouge par la cytochrome c oxydase mitochondriale, avec une production d’ATP possiblement accrue dans les tissus rétiniens et choroïdiens, ainsi qu’une modulation du stress oxydatif et de l’inflammation locale. Ces effets pourraient influencer la circulation choroïdienne et les signaux gouvernant la croissance de l’œil, sans que le mécanisme soit établi.

Les limites à connaître

La limite la plus importante concerne la nature du matériel. Il s’agit d’un dispositif ophtalmologique spécifique, délivrant une longueur d’onde et une puissance définies vers l’œil, sous encadrement médical. Ces résultats ne sont en aucun cas transposables à un usage cutané, à un panneau de lumière rouge, à un masque du visage ou à un appareil corps entier. Cette indication relève d’un suivi ophtalmologique.

L’hétérogénéité dépasse 97 % : les résultats varient fortement d’une étude à l’autre et la moyenne agrégée doit être lue avec prudence. Les auteurs relèvent l’absence de stratégie standardisée d’arrêt du traitement et le manque de données à long terme dans des populations pédiatriques diversifiées. Le volet nutritionnel est un résultat négatif : les preuves sont insuffisantes pour démontrer un effet cliniquement pertinent sur l’allongement axial.

Ce que cela change en pratique

Pour une famille confrontée à une myopie évolutive, la lumière rouge de faible intensité répétée fait partie des options discutées en ophtalmologie pédiatrique. Le choix du dispositif et le rythme de surveillance relèvent d’un ophtalmologiste. Aucun appareil destiné à la peau ne peut être détourné vers cet usage.

Questions fréquentes

La lumière rouge freine-t-elle vraiment la myopie chez l’enfant ?

Dans cette méta-analyse de 18 études incluant 2 438 enfants et adolescents, la lumière rouge de faible intensité répétée est associée à une réduction de l’allongement axial de 0,26 mm (IC 95 % -0,34 à -0,18) et à un effet réfractif de +0,60 dioptrie. L’hétérogénéité dépasse toutefois 97 %. Il s’agit d’une association mesurée dans des essais, pas d’une garantie individuelle.

Peut-on utiliser un panneau de luminothérapie rouge pour la myopie ?

Non. Les essais analysés reposent sur un dispositif ophtalmologique spécifique, calibré pour l’œil et utilisé sous surveillance médicale. Un panneau, un masque facial ou un appareil corps entier destinés à la peau ne délivrent ni la même longueur d’onde ni la même géométrie d’exposition. Exposer l’œil avec un matériel non prévu fait courir un risque.

Les compléments alimentaires aident-ils à ralentir la myopie ?

Dans cette synthèse, la supplémentation nutritionnelle montre un effet de -0,22 mm sur la longueur axiale (IC 95 % -0,44 à 0,00), donc non significatif. Les auteurs concluent que les preuves sont insuffisantes pour démontrer un effet cliniquement pertinent et décrivent cette approche comme un soutien fonctionnel.

Référence

Domínguez-Morras C, Paniagua García M, Castro Garrido I, et al. Non-Pharmacological and Non-Optical Interventions for Myopia Prevention and Control in Children: A Systematic Review and Meta-Analysis. Children (Basel), 2026. PMID 42509940. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.