Douleur et inflammation
Publié le
14 septembre 2026

Chen L. et al. - Photobiomodulation et conflit sous-acromial : méta-analyse d’essais randomisés

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Dans cette méta-analyse de 21 essais randomisés, le laser de faible intensité est associé à moins de douleur et à une meilleure flexion, abduction et rotation externe de l’épaule dans le conflit sous-acromial. En revanche, aucune amélioration significative n’apparaît sur l’incapacité fonctionnelle, l’extension et la rotation interne, et les auteurs jugent ces conclusions exploratoires.

Ce que cette étude a mesuré

Il s’agit d’une méta-analyse d’essais randomisés. Huit bases de données ont été interrogées pour évaluer le laser de faible intensité, ou photobiomodulation, chez des personnes atteintes d’un conflit sous-acromial.

Au total, 17 études et 21 essais randomisés ont été inclus, pour 1118 patients. Les critères analysés étaient la douleur, l’amplitude de mouvement de l’épaule et l’incapacité fonctionnelle. Le risque de biais a été évalué avec l’outil Cochrane et la qualité des preuves avec la démarche GRADE.

Les résultats principaux

Par rapport au groupe témoin, le laser est associé à moins de douleur et à un gain de mobilité sur trois mouvements, sans effet significatif sur le reste. Chiffres clés, en différences moyennes (DM) avec intervalle de confiance à 95 %.

  • Douleur : DM = -0,54 (IC 95 % -1,05 à -0,02 ; p = 0,04)
  • Flexion de l’épaule : DM = 4,35 (IC 95 % 1,13 à 7,58 ; p = 0,008)
  • Abduction : DM = 3,72 (IC 95 % 0,79 à 6,64 ; p = 0,01)
  • Rotation externe : DM = 1,96 (IC 95 % 0,51 à 3,42 ; p = 0,008)
  • Extension : DM = 0,79 (IC 95 % -0,47 à 2,06 ; p = 0,22), non significatif
  • Rotation interne : DM = 1,14 (IC 95 % -1,51 à 3,78 ; p = 0,40), non significatif
  • Incapacité fonctionnelle : DM = -3,61 (IC 95 % -9,49 à 2,26 ; p = 0,23), non significatif

Pour la douleur, la borne haute de l’intervalle de confiance est très proche de zéro, ce qui invite à la prudence. Les auteurs suggèrent de réévaluer la poursuite du traitement quand le nombre de séances approche 12.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Cette méta-analyse n’a mesuré aucun mécanisme biologique. Les explications suivantes restent des hypothèses.

La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par des composants des mitochondries, ce qui pourrait modifier la production d’énergie cellulaire. Une modulation de l’inflammation locale et de la circulation dans les tissus est aussi évoquée. Ces pistes sont plausibles, mais cette étude ne permet pas de les confirmer.

Les limites à connaître

Les preuves sont de faible qualité pour la douleur, la flexion, l’abduction et la rotation externe, et de très faible qualité pour l’incapacité fonctionnelle, l’extension et la rotation interne. L’hétérogénéité entre les études est élevée, d’où des conclusions exploratoires.

Les résultats négatifs comptent : aucune amélioration significative sur l’incapacité fonctionnelle, l’extension et la rotation interne, et un effet sur la douleur dont l’intervalle de confiance frôle zéro. Le résumé ne précise ni les paramètres lumineux, ni la durée du suivi, ni les effets indésirables.

Ce que cela change en pratique

Ces données suggèrent un possible appoint pour la douleur et certains mouvements de l’épaule. Elles ne montrent pas d’effet sur l’incapacité fonctionnelle et ne définissent pas de protocole précis.

Une douleur d’épaule persistante justifie une évaluation par un professionnel de santé. La photobiomodulation ne remplace ni cette évaluation ni un traitement prescrit.

Questions fréquentes

Le laser de faible intensité réduit-il la douleur de l’épaule dans le conflit sous-acromial ?

Il est associé à moins de douleur que dans les groupes témoins (DM = -0,54 ; IC 95 % -1,05 à -0,02), mais l’intervalle est proche de zéro et les preuves sont de faible qualité.

Améliore-t-il la mobilité de l’épaule ?

Partiellement. Les auteurs rapportent un gain de flexion, d’abduction et de rotation externe, mais pas d’amélioration significative de l’extension ni de la rotation interne.

Combien de séances faut-il prévoir ?

Le résumé ne fixe pas de protocole précis. Les auteurs suggèrent seulement de réévaluer la nécessité de poursuivre quand le nombre de séances approche 12.

Référence

Chen L, Wang Y. Efficacy of low-level laser therapy for subacromial impingement syndrome: a meta-analysis of randomized controlled trials. Lasers Med Sci, 2026. PMID 42733098. DOI 10.1007/s10103-026-05028-7. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42733098/

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.