Shurrab K. et al. - Photobiomodulation pour la cicatrisation des plaies et l’amélioration des cicatrices

Cet essai clinique unique, et non une méta-analyse, rapporte une amélioration de la couleur et de la taille des cicatrices chez 60 participants traités par laser rouge continu à 660 nm. Aucun effet indésirable n’a été signalé, mais le résumé ne décrit ni randomisation ni groupe témoin.
Ce que cette étude a mesuré
L’objectif annoncé était d’évaluer l’efficacité et la sécurité de la photobiomodulation pour la cicatrisation des plaies et l’aspect des cicatrices, puis d’ajuster les paramètres de traitement selon le type de cicatrice. Soixante participants ont été répartis en trois groupes selon le type et l’ancienneté de leur cicatrice.
Le groupe A réunissait les cicatrices récentes de moins de six mois, le groupe B les cicatrices anciennes de plus d’un an et le groupe C les cicatrices d’acné. Les séances étaient réalisées deux à trois fois par semaine selon le groupe d’appartenance.
Les résultats principaux
Les auteurs rapportent des améliorations significatives de la couleur, de la taille des cicatrices et de la satisfaction des participants dans tous les groupes.
- 60 participants répartis en 3 groupes
- Laser diode rouge continu à 660 nm, densité de puissance de 15,6 mW/cm²
- Cicatrices anciennes et chirurgicales : 6 min par zone, dose de 5,6 J/cm²
- Cicatrices récentes et cicatrices d’acné : 4 min par zone, dose de 3,7 J/cm²
- Groupe A, cicatrices de moins de 6 mois : 3 à 8 séances, jusqu’à 15 séances pour les cicatrices chirurgicales récentes
- Groupe B, cicatrices de plus d’un an : 12 à 15 séances
- Groupe C, cicatrices d’acné : 8 à 10 séances
- Améliorations de couleur, de taille et de satisfaction dans tous les groupes : p inférieur à 0,01
- Aucun effet indésirable ni complication rapporté pendant l’étude
Les cicatrices récentes sont décrites comme les plus favorables en termes d’aspect et de relief. Le résumé ne fournit ni les scores chiffrés avant et après traitement, ni d’intervalle de confiance.
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
Les mécanismes proposés restent hypothétiques. La lumière rouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase de la chaîne respiratoire mitochondriale, ce qui pourrait augmenter la production d’ATP dans les cellules cutanées exposées. Ce surcroît d’énergie pourrait favoriser la prolifération des fibroblastes, l’organisation du collagène et l’angiogenèse dans un tissu en remodelage. Une modulation de l’inflammation locale est également évoquée. Aucun de ces mécanismes n’a été mesuré dans cette étude.
Les limites à connaître
Il s’agit d’un essai clinique unique portant sur un effectif limité, et non d’une revue systématique ou d’une méta-analyse. Le résumé ne décrit ni randomisation, ni groupe placebo, ni évaluation en aveugle, ce qui rend difficile de distinguer l’effet du laser de l’évolution naturelle des cicatrices, qui s’améliorent souvent spontanément avec le temps. La satisfaction des participants est une mesure subjective. Enfin, la durée de suivi après la fin des séances n’est pas précisée.
Ce que cela change en pratique
Ces résultats sont encourageants mais ne suffisent pas à établir une efficacité démontrée. Ils fournissent surtout des repères sur les doses utilisées par les auteurs. Toute application sur une cicatrice récente, une plaie non fermée ou une suite d’intervention chirurgicale relève d’un avis médical préalable. Une lésion cutanée qui change d’aspect, qui saigne ou qui ne cicatrise pas doit d’abord être examinée par un médecin.
Questions fréquentes
Combien de séances ont été utilisées dans cette étude ?
Le nombre variait selon le type de cicatrice : 3 à 8 séances pour les cicatrices récentes, jusqu’à 15 pour les cicatrices chirurgicales récentes, 12 à 15 pour les cicatrices de plus d’un an et 8 à 10 pour les cicatrices d’acné. Le rythme était de deux à trois séances par semaine. Ces chiffres décrivent le protocole des auteurs et ne constituent pas une recommandation.
La photobiomodulation efface-t-elle une cicatrice ?
Non. L’étude rapporte des améliorations de la couleur et de la taille, pas une disparition. Les cicatrices récentes ont montré les réponses les plus favorables selon les auteurs. Une cicatrice reste une modification durable du tissu cutané.
Cette étude a-t-elle signalé des effets indésirables ?
Les auteurs indiquent qu’aucun effet indésirable ni complication n’a été rapporté pendant l’étude. Cette observation porte sur 60 participants seulement, ce qui est insuffisant pour détecter des événements rares. Elle ne dispense donc pas d’un avis médical avant toute application sur une peau lésée.
Référence
Shurrab K, Wael Aoida N. Photobiomodulation therapy for enhanced wound and Scar healing: visual and statistical evaluation. Lasers Med Sci, 2025;40(1):334. PMID 40802060. DOI 10.1007/s10103-025-04587-5. https://doi.org/10.1007/s10103-025-04587-5
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.