Dermatologie et cicatrisation
Publié le
1er août 2023

Dehghanpour H.R. et al. - Effet de la photobiomodulation sur la cicatrisation des plaies post-césarienne

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Chez 40 femmes ayant accouché par une première césarienne, un traitement par laser rouge de faible puissance a été associé à de meilleurs scores de cicatrisation aux 3e, 7e et 10e jours que les soins conventionnels. Il s’agit d’une étude clinique unique, sans randomisation ni insu décrits, et non d’une méta-analyse.

Ce que cette étude a mesuré

Les auteurs ont comparé un groupe d’intervention de 40 patientes traitées par photobiomodulation à un groupe témoin recevant les méthodes conventionnelles, décrites comme pommades et comprimés. La population était constituée de femmes de 18 à 40 ans, avec un indice de masse corporelle de 29 à 36, dont le premier accouchement s’était fait par césarienne.

Le dispositif était un laser à semi-conducteur InGaAlP à balayage linéaire. Le résumé évoque des longueurs d’onde de 658 et 660 nm et des puissances de 100, 150 et 350 mW ; le protocole détaillé indique 100 mW à 658 nm et une dose de 2 J/cm2. Les critères étaient la douleur évaluée sur une échelle visuelle analogique et le score REEDA, qui agrège rougeur, œdème, ecchymose, écoulement et écartement des berges de la plaie. Les questionnaires étaient remplis dans les heures suivant l’intervention puis aux 3e, 7e et 10e jours.

Les résultats principaux

Les différences rapportées portent sur le score REEDA.

  • 40 patientes dans le groupe d’intervention ; l’effectif du groupe témoin n’est pas précisé dans le résumé
  • Score REEDA moyen : différence significative au 3e jour (p = 0,035)
  • Score REEDA moyen : différence significative au 7e jour (p = 0,03)
  • Score REEDA moyen : différence significative au 10e jour (p = 0,02)
  • Au 10e jour, score moyen de 1,09 ± 0,586 dans le groupe traité contre 2,25 ± 0,422 dans le groupe témoin

Le résumé ne donne aucun résultat chiffré pour la douleur, ni intervalle de confiance, ni donnée sur les effets indésirables.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Les mécanismes évoqués pour la cicatrisation restent hypothétiques. L’absorption de la lumière rouge par la cytochrome c oxydase mitochondriale pourrait augmenter la synthèse d’ATP dans les cellules engagées dans la réparation tissulaire. Une modulation de l’inflammation postopératoire, une stimulation de l’angiogenèse et une activation des fibroblastes et de la synthèse de collagène sont également avancées. Aucun de ces paramètres n’a été mesuré ici.

Les limites à connaître

Le résumé ne décrit ni tirage au sort, ni insu, ni traitement placebo : le groupe témoin recevait des soins conventionnels de nature différente. Une part de l’écart observé peut donc relever de l’attente des patientes et de l’attention reçue, d’autant que le score REEDA et l’échelle visuelle analogique reposent en partie sur le déclaratif.

Le suivi s’arrête au 10e jour et ne dit rien de l’aspect final de la cicatrice. Il s’agit d’une étude unique, monocentrique, sur une population restreinte par l’âge et l’indice de masse corporelle. Le résultat sur la douleur n’est pas rapporté chiffré, ce qui constitue une donnée manquante.

Enfin, une cicatrice récente de césarienne est une plaie chirurgicale : toute application, lumineuse ou autre, relève d’un avis médical préalable auprès de l’équipe qui assure le suivi postopératoire.

Ce que cela change en pratique

Ces données constituent un signal préliminaire en faveur d’un intérêt de la photobiomodulation sur les signes cliniques précoces de cicatrisation après césarienne. Elles ne suffisent pas à établir un protocole ni à justifier une application à domicile. Des essais randomisés avec placebo et évaluation en aveugle sont nécessaires.

Questions fréquentes

Que mesure exactement le score REEDA ?

Le score REEDA évalue cinq signes cliniques de la plaie : rougeur, œdème, ecchymose, écoulement et écartement des berges. Un score plus bas traduit une plaie d’aspect plus favorable. Dans cette étude, le score moyen au 10e jour était de 1,09 ± 0,586 dans le groupe traité contre 2,25 ± 0,422 chez les témoins.

Peut-on appliquer de la lumière sur une cicatrice de césarienne récente ?

Cette décision ne s’improvise pas. Une cicatrice récente est une plaie chirurgicale exposée à un risque infectieux et de désunion, et son suivi appartient à l’équipe obstétricale. Toute application sur une cicatrice récente doit faire l’objet d’un avis médical préalable.

L’étude montre-t-elle un effet sur la douleur postopératoire ?

La douleur était recueillie par échelle visuelle analogique, mais le résumé n’en publie aucun résultat chiffré ni aucune comparaison entre les groupes. Sur ce point précis, l’étude ne permet donc aucune conclusion. Seuls les scores de cicatrisation REEDA sont rapportés avec des valeurs de p.

Référence

Dehghanpour HR, Parvin P, Ganjali P, Golchini A, Eshghifard H, Heidari O. Evaluation of photobiomodulation effect on cesarean-sectioned wound healing: a clinical study. Lasers in Medical Science, 2023;38(1):171. PMID 37526765. DOI 10.1007/s10103-023-03774-6. https://doi.org/10.1007/s10103-023-03774-6

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.