Douleur et inflammation
Publié le
15 juillet 2026

Boaviagem A. et al. - Photobiomodulation après césarienne, douleur et cicatrisation : revue systématique

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Cette revue systématique de 4 essais randomisés, totalisant 473 femmes, n’a pas pu réaliser de méta-analyse tant les protocoles de photobiomodulation après césarienne divergent. Certaines comparaisons rapportent une baisse de la douleur ou de la consommation d’antalgiques, mais les résultats ne sont ni constants ni reproductibles, et les auteurs jugent les preuves insuffisantes pour un usage systématique.

Ce que cette étude a mesuré

L’équipe de Boaviagem, rattachée à l’université fédérale du Pernambouc au Brésil, a suivi un protocole enregistré sur PROSPERO (CRD420251077815) et les recommandations PRISMA 2020. Les bases de données ont été interrogées depuis leur création jusqu’au 4 juin 2025, sans restriction de langue ni de date.

La question posée est précise : chez des femmes venant d’accoucher par césarienne, la thérapie laser de faible intensité, comparée à un traitement simulé ou aux soins habituels, modifie-t-elle la douleur postopératoire, la cicatrisation de la plaie, la consommation d’antalgiques, la perception globale de changement et la survenue d’effets indésirables ? Les essais randomisés et quasi randomisés étaient éligibles ; tous les essais retenus se sont révélés randomisés.

Les résultats principaux

Le périmètre final est étroit et les auteurs en tirent une conclusion prudente.

  • 4 essais contrôlés randomisés inclus, pour un total de 473 femmes.
  • Effectifs par essai : 80 (Poursalehan et al., 2018), 88 (de Holanda Araújo et al., 2019), 65 (Saffarieh et al., 2020) et 240 (Kahkhaie et al., 2023).
  • Méta-analyse envisagée pour la douleur mais non réalisée, en raison d’une hétérogénéité clinique et méthodologique jugée trop importante.
  • Dans certaines comparaisons, les essais individuels rapportent une réduction des scores de douleur ou de la consommation d’antalgiques, sans cohérence entre protocoles.
  • Cicatrisation évaluée par une partie seulement des essais, avec des indicateurs différents.
  • Certitude des preuves cotée faible à très faible.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Le raisonnement des essais inclus repose sur les mécanismes généralement avancés pour la lumière rouge et proche infrarouge : absorption par des chromophores cellulaires, modulation de l’inflammation locale et soutien des processus de réparation tissulaire. Sur une cicatrice de césarienne, l’hypothèse est une atténuation de la douleur et une accélération de la fermeture cutanée.

La revue ne valide pas ces hypothèses : elle constate surtout que les paramètres d’irradiation, les comparateurs, les délais d’évaluation et les échelles utilisées varient d’un essai à l’autre, ce qui empêche de relier un mécanisme à un effet mesuré.

Les limites à connaître

La première limite est l’impossibilité de regrouper les données : sans méta-analyse, aucun effet moyen n’est disponible. La seconde tient à la qualité des essais, avec un risque de biais, une inconsistance entre résultats, une imprécision liée aux petits effectifs et un caractère indirect des mesures. C’est ce qui conduit à une certitude faible à très faible.

Le résultat est donc négatif au sens où les auteurs concluent que les données disponibles ne suffisent pas à recommander la thérapie laser de faible intensité en routine après césarienne. Ils la qualifient d’adjuvant expérimental ou insuffisamment validé, dans l’attente d’essais avec dosimétrie standardisée et critères cliniquement pertinents.

Ce que cela change en pratique

Pour une patiente ou une équipe obstétricale, cette revue invite à ne pas présenter la photobiomodulation comme une solution établie contre la douleur post-césarienne. Les signaux positifs isolés existent, mais ils ne sont pas reproduits d’un essai à l’autre.

Le message principal s’adresse aux chercheurs : sans protocoles comparables, sans rapports d’effets indésirables systématiques et sans échelles communes, les prochaines revues resteront dans la même impasse. La photobiomodulation ne remplace en aucun cas l’analgésie prescrite ni la surveillance de la cicatrice après l’intervention.

Questions fréquentes

La photobiomodulation soulage-t-elle la douleur après une césarienne ?

Selon cette revue, certains essais rapportent une baisse des scores de douleur ou des antalgiques consommés, mais les résultats ne sont pas cohérents entre les 4 études et la certitude des preuves est faible à très faible. Aucune conclusion ferme n’est possible.

Pourquoi les auteurs n’ont-ils pas fait de méta-analyse ?

Parce que les paramètres du laser, les groupes de comparaison, les délais de suivi, les échelles de mesure et la façon de rapporter les effets étaient trop différents d’un essai à l’autre pour être combinés de manière fiable.

Combien de femmes ont participé aux essais analysés ?

473 femmes au total, réparties dans 4 essais randomisés dont les effectifs vont de 65 à 240 participantes.

Référence

Boaviagem A, Nóbrega Júnior JC, da Silva RCB, Lemos A. Effectiveness of photobiomodulation for pain management and wound healing in the immediate postoperative period after cesarean section: A systematic review. Complement Ther Med, 2026, 101, 103403. PMID 42456438. Consulter la notice sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.