Oncologie et soins de support
Publié le
21 février 2018

Hamblin MR et al. - Photobiomodulation et cancer, ce que disent les données : revue critique

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Cette courte revue examine si la photobiomodulation est bénéfique ou délétère chez les personnes atteintes de cancer. Les auteurs rapportent des données contradictoires et concluent que la technique pourrait avoir des bénéfices et devrait faire l’objet de recherches supplémentaires.

Ce que cette publication examine

La question posée est directe : appliquer de la lumière sur le site d’une tumeur risque-t-il de la stimuler ? Les auteurs rappellent que cette application a été considérée comme une contre-indication. Dans le même temps, un usage en plein développement consiste à atténuer les effets indésirables des traitements anticancéreux. Cette courte revue de 2018 examine de façon critique les données disponibles sur ce point, à partir d’une recherche dans PubMed et Google Scholar. Une précision doit accompagner toute lecture de ce texte : chez une personne atteinte de cancer ou en rémission, l’usage de la photobiomodulation doit être décidé et encadré par l’équipe d’oncologie qui assure le suivi. Aucune page d’information, celle-ci comprise, ne remplace cette décision médicale.

Les résultats principaux

Les auteurs présentent des données qui ne vont pas toutes dans le même sens. L’abstract ne fournit aucun effectif, aucun taux et aucun intervalle de confiance.

  • Quelques articles suggèrent que la photobiomodulation peut être délétère dans des modèles animaux de tumeurs
  • De nombreux autres articles suggèrent l’inverse, selon les auteurs
  • Trois effets sont avancés dans ce second groupe de travaux : la lumière pourrait endommager directement la tumeur, potentialiser d’autres traitements anticancéreux et stimuler le système immunitaire de l’hôte
  • Deux essais cliniques faisant état d’une survie augmentée chez des patients atteints de cancer ayant reçu de la photobiomodulation sont cités, sans autre détail dans l’abstract

La conclusion des auteurs est formulée avec prudence : la photobiomodulation pourrait avoir des bénéfices chez les patients atteints de cancer et devrait être davantage étudiée. Cette incertitude est celle du texte, et elle n’est pas levée.

Comment lire ce débat

Le désaccord porte sur la nature même de l’effet biologique. La photobiomodulation stimule l’activité cellulaire, et la crainte historique est que cette stimulation profite aussi aux cellules tumorales. Les trois effets avancés à l’appui d’une lecture inverse sont des hypothèses rapportées, non des mécanismes établis, et l’abstract ne précise ni les modèles utilisés ni les doses concernées. Retenir que la question reste ouverte est plus fidèle au texte que d’en retenir une réponse.

Les limites à connaître

Il s’agit d’une revue courte et non systématique, sans critères d’inclusion détaillés dans l’abstract. Une part importante des données invoquées provient de modèles animaux, dont la transposition à l’humain n’est pas acquise. Les deux essais cliniques mentionnés ne sont décrits ni en effectif, ni en protocole. Enfin, selon les affiliations figurant dans la notice PubMed, deux des trois auteurs sont rattachés à une société commercialisant des dispositifs de photobiomodulation. Rien dans cette publication ne permet d’établir un profil de sécurité de la photobiomodulation chez les personnes atteintes de cancer.

Ce que cela change en pratique

Cette revue ne tranche pas la question et ne doit pas être lue comme une autorisation. Elle documente un débat scientifique et l’absence de consensus au moment de sa publication. En oncologie, la photobiomodulation intervient comme soin de support, pour atténuer certains effets indésirables des traitements, et jamais comme traitement du cancer. Toute utilisation chez une personne atteinte de cancer, en cours de traitement ou en rémission, doit être décidée et encadrée par son équipe d’oncologie, qui connaît la localisation de la maladie, les traitements en cours et les zones à éviter. Une décision prise seul, sur la foi d’une publication, n’est pas une démarche appropriée dans ce contexte.

Questions fréquentes

La photobiomodulation peut-elle stimuler une tumeur ?

Cette revue rapporte que quelques travaux sur modèles animaux vont dans ce sens et que d’autres suggèrent l’inverse. Les auteurs ne concluent pas sur ce point et appellent à des recherches supplémentaires. L’incertitude reste entière et la question doit être posée à l’équipe d’oncologie.

Peut-on utiliser la photobiomodulation quand on a eu un cancer ?

Cette publication ne permet pas de répondre par oui ou par non. La décision revient à l’équipe d’oncologie, qui prend en compte l’antécédent, la localisation, les traitements reçus et les zones concernées.

La photobiomodulation soigne-t-elle le cancer ?

Non. En oncologie, elle relève du soin de support et vise les effets indésirables des traitements. Les deux essais évoquant une survie augmentée sont cités sans détail et ne suffisent pas à en faire un traitement du cancer.

Référence

Hamblin MR, Nelson ST, Strahan JR. Photobiomodulation and Cancer: What Is the Truth? Photomedicine and Laser Surgery, 2018. PMID 29466089. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.