Hasanoğlu Erbaşar G.N. et al. - Photobiomodulation et troubles temporo-mandibulaires : synthèse de 30 revues systématiques

Cette synthèse de 30 revues systématiques et de 11 articles d’essais randomisés conclut que le laser de faible intensité, ou photobiomodulation, est associé à une baisse de la douleur temporo-mandibulaire à court terme. Les auteurs estiment les données publiées depuis 2019 plus favorables que ne le laisse entendre la position de l’American Academy of Orofacial Pain.
Ce que cette étude a mesuré
Les troubles temporo-mandibulaires regroupent des douleurs et des limitations touchant l’articulation de la mâchoire et les muscles masticateurs. Le laser de faible intensité y est employé depuis longtemps, mais son intérêt reste débattu : l’American Academy of Orofacial Pain avait adopté une position critique, reprise dans ses recommandations de 2023 et fondée sur des données antérieures à 2019.
Güzin Neda Hasanoğlu Erbaşar et Jens Christoph Türp se sont fixé trois objectifs : vérifier si les données disponibles jusqu’en 2019 justifiaient cette position, identifier les publications parues depuis, puis proposer des recommandations actualisées. La recherche, menée sur PubMed, a été mise à jour en février 2026 et a retenu 30 revues systématiques associées à 156 publications distinctes, ainsi que 11 articles d’essais randomisés correspondant aux données de 10 études. Aucun enregistrement PROSPERO n’est cité.
Les résultats principaux
Le constat central porte sur la qualité méthodologique. Les travaux antérieurs à 2020 sont jugés faibles, tandis que les publications récentes présentent une rigueur supérieure et des résultats positifs plus constants.
- 30 revues systématiques incluses, correspondant à 156 publications distinctes
- 11 articles d’essais randomisés, représentant les données de 10 études
- Réduction significative de la douleur à court terme dans les revues disponibles
- Amélioration de l’ouverture buccale maximale
- Longueurs d’onde les plus favorables : entre 810 et 1100 nm
- Durée de traitement supérieure à 4 semaines associée aux meilleurs résultats
- Résultats renforcés en association avec une gouttière ou de la physiothérapie
Le bénéfice paraît particulièrement pertinent dans l’arthralgie de l’articulation temporo-mandibulaire et dans les autres atteintes intra-articulaires.
Comment la photobiomodulation agit sur la douleur
Le mécanisme reste hypothétique et n’a pas été testé dans ce travail. La lumière proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase mitochondriale, ce qui augmenterait la production d’ATP dans les tissus exposés. Cette activation pourrait moduler l’inflammation locale et l’œdème intra-articulaire, deux facteurs qui entretiennent l’arthralgie. Une action sur la conduction des fibres nociceptives et sur les médiateurs de la douleur est également évoquée, de même qu’un relâchement musculaire favorisant l’ouverture buccale. Ces hypothèses expliqueraient pourquoi les longueurs d’onde les plus pénétrantes ressortent comme les plus favorables.
Les limites à connaître
L’hétérogénéité reste le point faible principal. Les protocoles diffèrent par la longueur d’onde, la puissance, la durée d’exposition, le nombre de séances et les points d’application, ce qui limite la généralisation des conclusions. Il s’agit par ailleurs d’une synthèse de revues et d’essais, sans regroupement statistique des données individuelles ni cotation GRADE rapportée dans le résumé. Une partie du corpus antérieur à 2020 est décrite comme méthodologiquement faible. Les effets rapportés concernent le court terme, sans suivi prolongé documenté, et la recherche a porté sur une seule base de données, PubMed.
Ce que cela change en pratique
Les auteurs positionnent le laser de faible intensité comme une thérapie d’appoint, sûre et non invasive, à intégrer dans une prise en charge multimodale plutôt qu’à utiliser seule. Les paramètres qui ressortent sont des longueurs d’onde comprises entre 810 et 1100 nm et une durée de traitement supérieure à 4 semaines. L’association à une gouttière occlusale ou à de la physiothérapie a donné de meilleurs résultats que le laser seul. Le résumé ne précise ni la puissance ni le nombre de séances.
Questions fréquentes
La photobiomodulation soulage-t-elle vraiment les douleurs de la mâchoire ?
Selon cette synthèse, les revues disponibles rapportent une réduction significative de la douleur à court terme et une meilleure ouverture buccale. Le bénéfice semble plus marqué en cas d’arthralgie de l’articulation temporo-mandibulaire. Les auteurs parlent d’un traitement d’appoint, pas d’une solution isolée.
Quelle longueur d’onde est utilisée ?
Les auteurs retiennent de préférence des longueurs d’onde comprises entre 810 et 1100 nm, dans le rouge lointain et le proche infrarouge. Les autres paramètres, dont la puissance, ne sont pas détaillés dans le résumé et varient fortement selon les études.
Combien de temps faut-il poursuivre le traitement ?
Les meilleurs résultats sont rapportés pour des durées supérieures à 4 semaines. Le nombre exact de séances n’est pas précisé et diffère d’un protocole à l’autre, ce qui fait partie des points que les auteurs souhaitent voir standardisés.
Référence
Hasanoğlu Erbaşar GN, Türp JC. Low-level laser therapy for patients with temporomandibular disorders: a synopsis of systematic reviews and current RCTs. Quintessence International, 2026. PMID 41854148. Consulter l’étude sur PubMed
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.