Psychiatrie et santé mentale
Publié le
3 février 2025

Helali H. et al. - Photobiomodulation transcrânienne pour réduire anxiété et dépression chez patients sous traitement méthadone

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Cet essai randomisé en double aveugle a comparé une photobiomodulation transcrânienne à 810 nm à un dispositif factice chez des patients sous traitement de substitution par méthadone. Le groupe traité montre une réduction statistiquement significative de l’anxiété, de la dépression et du craving aux opioïdes, maintenue à un et trois mois.

Ce que cette étude a mesuré

Il s’agit d’un essai clinique randomisé contrôlé, en double aveugle, et non d’une méta-analyse : ses conclusions reposent sur une seule population, dans un seul centre. Des patients dépendants aux opioïdes et suivis en traitement de substitution par méthadone ont été répartis au hasard entre photobiomodulation transcrânienne active et photobiomodulation factice. L’intervention utilisait des diodes électroluminescentes appliquées sur deux zones frontales, quatre minutes d’exposition à 810 nm. Anxiété, dépression et craving aux opioïdes ont été mesurés avant l’intervention, après, puis à un mois et à trois mois.

Les résultats principaux

Les deux groupes étaient comparables au départ, sans différence significative sur les trois échelles. Les différences apparaissent après l’intervention.

  • Chaque groupe comptait 32 hommes (91,4 %) et 3 femmes (8,6 %).
  • Âge moyen : 37,97 ± 10,58 ans dans le groupe actif contre 39,66 ± 9,94 ans dans le groupe témoin (p = 0,495).
  • Aucune différence significative entre groupes avant l’intervention sur les scores de dépression, d’anxiété et de craving (p > 0,05).
  • Après l’intervention, le groupe actif présente des baisses statistiquement significatives de ces scores par rapport au groupe factice (p < 0,05).
  • Les améliorations sont décrites comme maintenues à un mois et à trois mois de suivi.
  • Paramètres d’irradiation : 810 nm, 250 mW/cm² à 4 mm de profondeur cutanée, soit un total de 60 J/cm², quatre minutes sur deux zones du front.
  • Enregistrement de l’essai : IRCT20210502051162N1.

Comment la photobiomodulation transcrânienne agit

Les auteurs rattachent l’effet observé à une stimulation supposée de la biosynthèse d’ATP et de la neurogenèse. Le mécanisme le plus souvent avancé, et qui reste hypothétique, fait intervenir la cytochrome c oxydase, enzyme mitochondriale sensible au proche infrarouge, dont l’activation augmenterait la production d’énergie cellulaire. Sont également évoquées une modulation de la perfusion cérébrale, une réduction du stress oxydatif et une atténuation de la neuroinflammation. Aucun de ces mécanismes n’a été mesuré directement dans cet essai, qui repose sur des échelles cliniques.

Les limites à connaître

L’effectif est réduit, avec 35 participants par groupe, et très majoritairement masculin, ce qui limite la transposition aux femmes. Il s’agit d’un essai unique, monocentrique : ses résultats appellent une réplication indépendante avant toute généralisation. L’abstract rapporte des seuils de significativité mais pas de tailles d’effet ni d’intervalles de confiance, si bien que l’ampleur clinique du bénéfice reste indéterminée. La population est spécifique, celle du traitement de substitution par méthadone, et les résultats ne peuvent pas être transposés tels quels à une dépression ou à une anxiété isolées.

Ce que cela change en pratique

Ces données sont encourageantes mais préliminaires : un essai unique ne suffit pas à établir une pratique. La photobiomodulation ne remplace ni un suivi psychiatrique ni un traitement en cours, et un trouble de l’humeur nécessite un accompagnement professionnel. Dans le cadre d’une substitution aux opioïdes, la continuité du suivi addictologique et du traitement prescrit reste centrale. Toute démarche complémentaire doit être discutée avec l’équipe soignante qui assure la prise en charge.

Questions fréquentes

La photobiomodulation transcrânienne aide-t-elle en cas de sevrage aux opioïdes ?

Dans cet essai mené chez des patients sous méthadone, le groupe traité montre une réduction significative du craving, de l’anxiété et de la dépression face au groupe factice. Il s’agit d’un seul essai, sur un effectif limité. La confirmation par d’autres équipes reste nécessaire.

Quels paramètres lumineux ont été utilisés dans cet essai ?

Des diodes électroluminescentes délivrant 810 nm, à 250 mW/cm² pour une profondeur cutanée de 4 mm, soit 60 J/cm² au total. L’exposition durait quatre minutes sur deux zones du front. Ces valeurs décrivent le protocole publié et ne valent pas recommandation.

Les effets ont-ils duré après l’arrêt des séances ?

Les auteurs rapportent un maintien des améliorations à un mois et à trois mois de suivi. La durée d’observation s’arrête là. Rien n’est documenté au-delà de trois mois dans cette publication.

Référence

Helali H, Samani N, Tabeie F, Eiliaei S, Kheradmand A. The effectiveness of Transcranial Photobiomodulation therapy (tPBM) on reducing anxiety, depression, and opioid craving in patients undergoing methadone maintenance treatment: a double-blind, randomized, controlled trial. BMC Psychiatry, 2025 ; 25 (1) : 94. PMID 39901090. DOI 10.1186/s12888-025-06555-3. https://doi.org/10.1186/s12888-025-06555-3

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit ni un suivi psychiatrique. Parlez-en à un professionnel de santé.