Zanchetta Peron F. et al. - Photobiomodulation et douleur de l'anesthésie locale chez l'enfant : revue systématique et méta-analyse

La photobiomodulation appliquée avant l’injection d’un anesthésique local semble réduire modérément la douleur ressentie par l’enfant au moment de l’insertion de l’aiguille. Cette revue systématique avec méta-analyse rassemble 10 études, mais ses auteurs qualifient eux-mêmes le niveau de preuve de limité.
Ce que cette étude a mesuré
La photobiomodulation réduit-elle la douleur liée à l’injection d’anesthésie locale en dentisterie pédiatrique ? La population visée est celle des enfants recevant une anesthésie locale au cabinet dentaire, geste souvent associé à la peur dentaire. Les auteurs ont interrogé six bases de données, dont PubMed, Embase et Cochrane CENTRAL, jusqu’en janvier 2025, sans restriction de langue. La sélection et l’extraction ont été faites par deux évaluateurs indépendants, avec évaluation du risque de biais par l’outil ROB-2. Sur 9 852 références identifiées, 10 études ont satisfait aux critères d’éligibilité et ont été retenues pour la synthèse qualitative. Le protocole a été enregistré dans PROSPERO sous le numéro CRD42024539486.
Les résultats principaux
Toutes les études incluses ont mesuré la douleur au moment précis de l’insertion de l’aiguille, avec les échelles WBFPRS et FLACC. Deux méta-analyses distinctes ont été conduites selon le comparateur retenu.
- Face à un placebo : 3 études fournissant 14 comparaisons, différence moyenne standardisée de -0,44 (IC 95 % : -0,59 à -0,29), soit une réduction modérée de la douleur en faveur de la photobiomodulation.
- Hétérogénéité nulle dans cette analyse (I2 = 0 %), avec des résultats cohérents sur toutes les échelles.
- Face à un gel anesthésique topique : 2 études en bouche divisée, différence moyenne de -3,30 (IC 95 % : -3,98 à -2,62), avec là encore une hétérogénéité nulle (I2 = 0 %).
- Une analyse de sensibilité a confirmé la stabilité de ces résultats.
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
Les mécanismes évoqués restent hypothétiques et ne sont pas testés par cette revue. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase, accepteur de photons de la chaîne respiratoire mitochondriale. Cette absorption pourrait modifier la production d’ATP et la signalisation liée aux espèces réactives de l’oxygène, ce qui influencerait localement le tonus inflammatoire. Une modulation de l’excitabilité des fibres nerveuses périphériques et une baisse du stress oxydatif tissulaire sont parfois avancées pour expliquer une moindre perception douloureuse. Ces pistes restent au conditionnel : aucune mesure biologique ne les confirme ici.
Les limites à connaître
La première limite tient au volume de données : 3 études seulement alimentent la comparaison contre placebo, et 2 la comparaison contre gel anesthésique. Les auteurs soulignent que les paramètres varient d’une étude à l’autre, notamment les longueurs d’onde et les densités d’énergie, ce qui empêche de dégager un protocole de référence. Leur conclusion est explicite : les données actuelles demeurent limitées et des essais bien conduits, avec des protocoles standardisés, sont nécessaires. Enfin, la douleur a été évaluée uniquement à l’insertion de l’aiguille, et non sur l’ensemble de la séance.
Ce que cela change en pratique
Ce travail suggère que la photobiomodulation peut être envisagée comme un adjuvant possible avant une injection anesthésique chez l’enfant, sans se substituer aux techniques habituelles de gestion de la douleur et de l’anxiété. La comparaison avec le gel anesthésique topique montre un écart plus marqué, mais elle repose sur deux études seulement. Aucun protocole précis ne peut être déduit de cette revue, et la décision relève d’un professionnel de santé.
Questions fréquentes
La photobiomodulation fait-elle moins mal que le gel anesthésiant chez l’enfant ?
Deux études en bouche divisée comparent directement les deux approches et rapportent une différence moyenne de -3,30 (IC 95 % : -3,98 à -2,62) en faveur de la photobiomodulation. Ce résultat porte sur la douleur au moment de l’insertion de l’aiguille. Il repose sur très peu d’études et ne peut pas être généralisé.
Combien d’études existent sur la photobiomodulation avant une anesthésie dentaire chez l’enfant ?
La recherche a identifié 9 852 références, dont 10 études répondaient aux critères d’inclusion. Trois d’entre elles ont été combinées dans la méta-analyse contre placebo et deux dans celle contre gel anesthésique. Ce faible effectif explique la prudence des auteurs.
Quels réglages de photobiomodulation ont été utilisés dans ces études ?
Les protocoles différaient en longueur d’onde et en densité d’énergie, sans que les valeurs soient précisées. Il n’est donc pas possible d’en extraire un réglage de référence. C’est l’une des raisons pour lesquelles les auteurs réclament des protocoles standardisés.
Référence
Zanchetta Peron F, Ribeiro MC, da Costa VPP, Leão Goettems M. Effect of photobiomodulation on pain perception during local anesthesia in children: a systematic review and meta-analysis. Journal of Dental Anesthesia and Pain Medicine, 2026. PMID 41640722. Consulter l’étude sur PubMed
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.