Neurologie centrale et cognition
Publié le
23 juillet 2026

Xu W. et al. - Photobiomodulation, tDCS et rTMS dans la maladie d'Alzheimer : méta-analyse en réseau

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Une méta-analyse en réseau bayésienne de 35 essais randomisés publiée en 2026 a comparé la photobiomodulation, la tDCS et la rTMS chez des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. La photobiomodulation y obtenait les effets estimés les plus élevés sur la cognition globale, avec un gain moyen de 3,14 points au MMSE, pour une tolérance comparable à celle des deux autres techniques.

Ce que cette étude a mesuré

Les traitements médicamenteux de la maladie d’Alzheimer n’apportent que des bénéfices modestes et transitoires. Les auteurs, rattachés au Tongji Medical College de l’université Huazhong, ont cherché à savoir laquelle des trois principales techniques de stimulation cérébrale non invasive se distingue sur la cognition : la photobiomodulation, la stimulation transcrânienne à courant continu (tDCS) ou la stimulation magnétique transcrânienne répétitive (rTMS).

Le protocole a été enregistré à l’avance sur PROSPERO (CRD420251006868) et suit les recommandations PRISMA-NMA. Seuls des essais contrôlés randomisés ont été retenus : 34 publications correspondant à 35 essais, pour 1 559 participants. Le critère principal était la cognition globale, mesurée par le MMSE et l’échelle ADAS-Cog ; les critères secondaires étaient la faisabilité, jugée sur les taux d’abandon, et la sécurité, jugée sur les effets indésirables.

Les résultats principaux

Les trois techniques ont amélioré la cognition globale par rapport aux contrôles. La photobiomodulation se plaçait en tête sur les deux échelles, mais son avantage sur les autres approches repose sur des comparaisons indirectes.

  • MMSE, photobiomodulation contre contrôle : différence moyenne de 3,14 points (intervalle de crédibilité à 95 % : 1,71 à 4,60).
  • ADAS-Cog, photobiomodulation contre contrôle : -8,01 points (IC crédible à 95 % : -12,82 à -3,13), une baisse du score traduisant ici une amélioration.
  • Comparaison indirecte contre la rTMS sur l’ADAS-Cog : -5,24 points (IC crédible à 95 % : -10,23 à -0,12).
  • Comparaison indirecte contre la rTMS sur le MMSE : 1,57 point (IC crédible à 95 % : -0,02 à 3,18), soit un résultat non significatif.

Ces tendances restaient cohérentes en sous-groupes, selon le niveau cognitif initial et la durée des interventions. Les taux d’abandon et les effets indésirables étaient comparables entre les trois techniques.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Le mécanisme avancé reste hypothétique. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase, complexe de la chaîne respiratoire mitochondriale, ce qui favoriserait la production d’ATP et le métabolisme énergétique des neurones. Une modulation du stress oxydatif et de l’inflammation, ainsi qu’un effet sur la perfusion cérébrale, sont également évoqués. Ces pistes viennent de travaux précliniques et n’ont pas été mesurées dans les essais inclus.

Les limites à connaître

L’avantage sur la rTMS repose sur des comparaisons indirectes, moins solides qu’un essai en face à face, et l’écart sur le MMSE n’atteignait pas la signification statistique. Les intervalles de crédibilité sont larges, signe d’imprécision. Avec 1 559 participants pour 35 essais, la taille moyenne des études reste faible et les auteurs appellent eux-mêmes à des essais de grande ampleur. Le résumé ne précise ni les paramètres lumineux, ni la durée du suivi après la fin des séances : rien ne permet d’affirmer que les bénéfices se maintiennent.

Ce que cela change en pratique

Ce travail ne fait pas de la photobiomodulation un traitement de la maladie d’Alzheimer. Il indique qu’elle se situe, dans les essais publiés, au moins au niveau de la tDCS et de la rTMS sur la cognition globale, avec une tolérance comparable, ce qui justifie de la considérer comme une piste de recherche sérieuse. Les paramètres précis, longueur d’onde, puissance et nombre de séances, ne sont pas rapportés dans ce résumé et variaient d’un essai à l’autre.

Questions fréquentes

La photobiomodulation est-elle plus efficace que la rTMS dans la maladie d’Alzheimer ?

Elle obtenait un meilleur résultat sur l’échelle ADAS-Cog, avec un écart de 5,24 points. Sur le MMSE, l’écart de 1,57 point n’atteignait pas la signification statistique. Ces comparaisons sont indirectes, aucun essai n’ayant opposé les deux techniques face à face.

Combien de patients ont été étudiés ?

L’analyse porte sur 1 559 participants issus de 35 essais contrôlés randomisés. C’est appréciable pour ce champ de recherche, mais modeste au regard des essais médicamenteux menés dans la maladie d’Alzheimer.

Y a-t-il des effets secondaires ?

Les auteurs rapportent des taux d’abandon et des effets indésirables comparables entre les trois techniques. Le résumé n’en détaille pas la nature. Si vous êtes concerné par une maladie neurodégénérative, parlez-en à votre médecin avant d’envisager toute approche complémentaire.

Référence

Xu W, Chen J, Zhou Y, et al. Comparative efficacy and safety of photobiomodulation, transcranial direct current stimulation, and repetitive transcranial magnetic stimulation in Alzheimer’s disease: a network meta-analysis of randomized controlled trials. Lasers in Medical Science, 2026. PMID 42487022. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.