Alahmadi M. et al. - Photobiomodulation et alopécie androgénétique : revue systématique et méta-analyse

Le laser de faible niveau, qui relève de la photobiomodulation, est associé à une hausse de la densité capillaire et de l’épaisseur du cheveu dans l’alopécie androgénétique. Cette revue portait aussi sur des lasers fractionnés, qui ne sont pas de la photobiomodulation et dont les résultats ne sont pas repris ici.
Ce que cette étude a mesuré
L’alopécie androgénétique est une chute de cheveux progressive dont la réponse aux médicaments reste limitée. Cette revue systématique avec méta-analyse, conduite selon PRISMA, a évalué les dispositifs à base d’énergie dans cette indication, sur 37 études et 3 298 patients au total. Ce total regroupe deux familles très différentes : d’un côté le laser de faible niveau, ou LLLT, une forme de photobiomodulation qui n’altère pas la peau ; de l’autre les lasers fractionnés, dont le CO2 ablatif, qui créent des micro-lésions contrôlées du cuir chevelu et ne relèvent pas de la photobiomodulation. Cette page ne reprend que les chiffres attribuables au laser de faible niveau. L’abstract ne précise ni combien d’études parmi les 37 portaient sur le LLLT, ni de numéro PROSPERO.
Les résultats principaux
Voici les données groupées pour le laser de faible niveau, seul ou associé au minoxidil.
- Densité capillaire : augmentation moyenne de 18,56 cheveux par centimètre carré face au placebo
- Épaisseur de la tige pilaire : augmentation moyenne de 10,62 micromètres par rapport au placebo
- Laser de faible niveau associé au minoxidil : gain supplémentaire de 11,75 cheveux par centimètre carré face au minoxidil seul
- Tolérance : effets indésirables décrits comme légers et transitoires, constat portant sur l’ensemble des dispositifs étudiés
Aucun intervalle de confiance n’est fourni pour ces estimations, ce qui empêche d’en apprécier la précision.
Comment la photobiomodulation agit dans cette indication
Le mécanisme reste hypothétique. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase des mitochondries du follicule pileux, ce qui augmenterait la production d’ATP disponible pour une matrice capillaire très active. Ce signal pourrait prolonger la phase de croissance du cheveu, dite anagène, retarder l’entrée en phase de repos et moduler le stress oxydatif local ainsi que la microinflammation péri-folliculaire. Une meilleure microcirculation est aussi évoquée. Aucun de ces mécanismes n’est mesuré ici.
Les limites à connaître
La limite la plus importante tient à la construction de cette revue : elle réunit dans une même analyse le laser de faible niveau, qui est de la photobiomodulation, et les lasers fractionnés ablatifs ou non ablatifs, qui agissent par lésion thermique contrôlée et n’en sont pas. La conclusion générale des auteurs, favorable aux lasers fractionnés associés au minoxidil, au PRP ou à des facteurs de croissance, ne peut pas être transposée à la photobiomodulation et n’est pas reprise ici. S’y ajoutent d’autres réserves : aucun intervalle de confiance, aucune évaluation GRADE, un nombre d’études consacrées au LLLT non indiqué, une durée de suivi non précisée. L’alopécie androgénétique étant chronique, la question du maintien du résultat reste ouverte.
Ce que cela change en pratique
Ces chiffres situent le laser de faible niveau comme une option d’appoint, dont l’effet mesuré est réel mais modeste au regard de la densité capillaire normale du cuir chevelu. L’association au minoxidil apporte ici un gain supérieur au minoxidil seul, ce qui plaide pour une logique de complément plutôt que de remplacement. L’abstract ne donne ni longueur d’onde, ni puissance, ni fréquence de séances. Un avis dermatologique reste utile pour écarter les autres causes de chute.
Questions fréquentes
Le laser de faible niveau fait-il vraiment repousser les cheveux ?
Dans cette revue, il est associé à une augmentation moyenne de 18,56 cheveux par centimètre carré face au placebo, et à des tiges pilaires plus épaisses de 10,62 micromètres. C’est une amélioration de densité mesurée dans des études, pas une restauration complète de la chevelure, et les résultats varient selon les personnes.
Faut-il associer la photobiomodulation au minoxidil ?
Les données vont dans ce sens : l’association du laser de faible niveau au minoxidil produit un gain supplémentaire de 11,75 cheveux par centimètre carré face au minoxidil seul. Cette combinaison relève d’une décision médicale, le minoxidil étant un médicament avec ses propres précautions d’emploi.
Laser fractionné et photobiomodulation, est-ce la même chose ?
Non. La photobiomodulation, ou laser de faible niveau, utilise une lumière de faible intensité qui ne chauffe ni ne lèse la peau. Les lasers fractionnés, dont le CO2 ablatif, créent volontairement des micro-lésions et relèvent d’un acte médical en cabinet. Les résultats de l’un ne se transposent pas à l’autre.
Référence
Alahmadi M, et al. Lasers and Energy-Based Devices in the Treatment of Androgenetic Alopecia: A Systematic Review and Meta-Analysis. Skin Appendage Disorders, 2026. PMID 42339398. Consulter l’étude sur PubMed
Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.