Santé bucco-dentaire
Publié le
13 avril 2026

Tanya S. et al. - Photobiomodulation des affections orofaciales chez la personne âgée : revue systématique d'essais randomisés

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La photobiomodulation apparaît comme un adjuvant sûr et cliniquement utile pour plusieurs affections orofaciales chez les personnes de 60 ans et plus, en particulier la mucite orale liée aux traitements anticancéreux. Cette revue systématique rassemble 23 essais randomisés, mais l’hétérogénéité des paramètres empêche toute comparaison directe et aucune méta-analyse n’a été réalisée.

Ce que cette étude a mesuré

Les auteurs ont évalué l’efficacité clinique et la sécurité de la photobiomodulation dans la prise en charge des affections orofaciales de l’adulte âgé. La recherche a couvert PubMed, Embase, Scopus et Google Scholar, et ne retenait que les essais contrôlés randomisés publiés entre janvier 2000 et mars 2025. Les participants devaient être âgés de 60 ans ou plus et recevoir une photobiomodulation pour une affection orofaciale. Le risque de biais a été apprécié avec l’outil Cochrane Risk of Bias 2, et les résultats ont fait l’objet d’une synthèse narrative. Au total, 23 essais contrôlés randomisés ont été inclus. Ni enregistrement PROSPERO ni nombre total de participants ne sont rapportés dans le résumé.

Les résultats principaux

Les indications étudiées sont très inégalement représentées, et les résultats sont décrits qualitativement plutôt que sous forme de tailles d’effet chiffrées.

  • Mucite orale induite par les traitements anticancéreux : 8 essais, avec des réductions constantes de la sévérité des lésions et de la douleur.
  • Syndrome de la bouche brûlante : 7 essais, avec des améliorations symptomatiques généralement rapportées, mais un effet placebo relevé par les auteurs.
  • Hyposialie : 2 essais, avec des améliorations symptomatiques également signalées.
  • Douleur postopératoire : 2 essais. Lichen plan oral : 1 essai. Affections péri-implantaires : 1 essai. Ostéointégration implantaire : 2 essais.
  • Aucun événement indésirable cliniquement significatif rapporté dans l’ensemble des essais inclus.

Comment la photobiomodulation agit dans cette indication

Les mécanismes proposés restent hypothétiques et ne sont pas mesurés ici. La lumière rouge et proche infrarouge serait absorbée par la cytochrome c oxydase mitochondriale, ce qui pourrait soutenir la production d’ATP et les processus de réparation tissulaire. Une modulation du stress oxydatif et des médiateurs de l’inflammation est également évoquée pour expliquer la diminution de la sévérité des lésions muqueuses. Dans les indications implantaires, un effet sur le remodelage osseux péri-implantaire est parfois avancé, mais deux essais seulement portent sur l’ostéointégration. Chez la personne âgée, la moindre capacité de cicatrisation rend ces hypothèses intéressantes sans les valider.

Les limites à connaître

Cette revue ne comporte pas de méta-analyse : la synthèse est narrative, ce qui interdit toute estimation chiffrée globale de l’effet. Les auteurs insistent sur l’hétérogénéité des paramètres de photobiomodulation et des critères de jugement, qui limite la comparabilité entre essais. Un effet placebo est explicitement relevé pour le syndrome de la bouche brûlante, indication qui repose pourtant sur 7 essais. Plusieurs indications ne sont documentées que par un ou deux essais, ce qui rend toute conclusion fragile. Ni le nombre de participants ni la durée de suivi ne sont précisés.

Ce que cela change en pratique

Le signal le plus solide concerne la mucite orale des patients âgés sous traitement anticancéreux. Sur les autres indications, les données sont trop parcellaires pour orienter une décision. L’absence d’événement indésirable cliniquement significatif sur 23 essais constitue un argument de tolérance, mais elle ne dit rien de l’efficacité. Les auteurs appellent à des protocoles standardisés pour déterminer les paramètres optimaux. Toute utilisation en contexte gériatrique doit être discutée avec l’équipe soignante qui suit la personne.

Questions fréquentes

La photobiomodulation est-elle sans danger chez la personne âgée ?

Dans cette revue de 23 essais contrôlés randomisés menés chez des adultes de 60 ans et plus, aucun événement indésirable cliniquement significatif n’a été rapporté. Ce constat porte sur les protocoles employés dans ces essais et sur leurs durées de suivi, non précisées dans le résumé. Il ne dispense pas d’un avis professionnel avant toute utilisation.

Sur quelle affection buccale les données sont-elles les plus nombreuses ?

La mucite orale induite par les traitements anticancéreux arrive en tête avec 8 essais, suivie du syndrome de la bouche brûlante avec 7 essais. Les autres indications, hyposialie, douleur postopératoire, lichen plan oral, affections péri-implantaires et ostéointégration, ne comptent qu’un ou deux essais chacune.

Cette revue donne-t-elle un pourcentage d’amélioration ?

Non. Les auteurs ont choisi une synthèse narrative en raison de l’hétérogénéité des paramètres et des critères de jugement. Aucune taille d’effet globale ni intervalle de confiance n’est donc disponible. Les résultats sont décrits en termes de tendance et de cohérence entre essais.

Référence

Tanya S, Srisilapanan P. Clinical Efficacy and Safety of Photobiomodulation Therapy for Orofacial Conditions in Older Adults: A Systematic Review of Randomized Controlled Trials. Dentistry Journal, 2026. PMID 42041684. Consulter l’étude sur PubMed

Cette synthèse est fournie à titre informatif et ne constitue pas un avis médical. La photobiomodulation ne remplace pas un traitement prescrit. Parlez-en à un professionnel de santé.